Les textes de la messe
DIMANCHE 5 JUILLET 2026
14ème dimanche du Temps Ordinaire
Année A - Couleur liturgique : Vert
1ère Lecture : Livre de Zacharie (9, 9-10)
"Voici ton roi qui vient à toi : il est pauvre"
Psaume 144
" Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais !"
2ème Lecture : lettre de Paul aux Romains (8, 9.11-13)
"Si, par l'Esprit, vous tuez les agissements de l'homme pêcheur, vous vivrez."
Évangile : Matthieu (11, 25-30)
"Je suis doux et humble de coeur"

Père Mickaël LE NEZET
Curé de l'ensemble pastoral
Un roi pauvre et monté sur un âne…
Cette figure du roi décrite dans le livre de Zacharie ne peut pas ne pas nous faire penser au Christ Jésus lui-même assis sur un âne entrant à Jérusalem dans l’Évangile qui ouvre la semaine sainte par la célébration des rameaux. Le Christ est ce roi, tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour dont nous parle aussi le psaume. Il est doux, humble de cœur et plein d’amour. Il se présente ainsi comme le prince de la paix, cette paix désarmée et désarmante qu’aime évoquer le pape Léon XIV.
« Venez à moi » nous dit-il encore aujourd’hui.
C’est parce qu’il se présente ainsi devant nous en homme de paix, plein d’amour et de miséricorde que nous pouvons accueillir avec confiance et empressement son invitation à venir jusqu’à lui. Car nous n’avons rien à craindre de lui, nous n’avons pas à avoir peur mais au contraire, nous pouvons nous approcher de lui en toute confiance, malgré nos péchés et le poids de notre fardeau. « Venez à moi. » Nous ne sommes pas condamnés à errer sans savoir où aller, à porter notre fardeau sans jamais savoir où le déposer. Le Christ s’offre à nous pour que nous soyons libérés de ce fardeau trop lourd, pour que nous ne soyons plus jamais seuls et désemparés. Il nous invite avec encouragement à venir jusqu’à lui. « Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. » (Jc 4, 8)
Mais on ne s’approche pas du Seigneur n’importe comment.
Parce qu’il est désarmé, nous aussi nous devons nous présenter devant lui en baissant notre garde, en baissant les armes, c’est-à-dire en nous approchant, dépouillés de toute prétention, désarmés de notre superbe, comme un enfant, comme un tout petit qui s’abandonne, comme Jésus dans les bras de son Père pour tout recevoir de lui. « Venez à moi », c’est alors l’invitation à grandir dans cette relation filiale que nous révèle le Christ. Plus nous vivrons en effet comme les enfants du Père, plus nous nous détacherons de nous-mêmes pour être tournés vers Dieu plus nous trouverons alors la paix et le repos véritable comme Jésus nous le propose. « Venez à moi vous qui ployez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos. » L’abandon confiant est une grande grâce que le Christ sait susciter dans notre vie intérieure. Il nous soulage alors de tant de peines humaines. Ceux qui consacrent du temps au cœur à cœur avec Dieu dans un abandon réel, expérimentent le repos et la paix qui en découlent, quelles que soient les difficultés rencontrées. Telle doit être notre préoccupation première : soigner notre vie filiale, remettre Dieu au cœur de nos vies, de nos activités, de nos décisions. Ne pas faire sans Lui mais tout penser, tout vivre avec Lui.
Il s’agit non seulement de venir à Lui, le Christ mais aussi de prendre son joug qui est léger et facile à porter. Mais qu’est-il donc ce joug dont nous devons nous munir ? Il me semble que la deuxième lecture nous donne une réponse. Ce joug est léger et facile à porter, n’est-il pas en effet l’Esprit Saint, léger comme le vent, dont on ne sait ni d’où il vient, ni où il va. Il s’agit nous dit alors saint Paul dans la deuxième lecture d’être sous l’emprise de l’Esprit Saint, sous le joug de l’Esprit Saint, c’est-à-dire de choisir de se laisser conduire par l’Esprit Saint. Sous la conduite de l’Esprit de Dieu, le chemin devient en effet plus facile car nous sommes comme assistés en permanence, guidés, éclairés, conduits. L’Esprit qui habite alors en nous peut agir à travers nous, « puisque l'amour de Dieu a été́ répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été́ donné » (Rm 5, 5) nous dit encore saint Paul. Ainsi prendre le joug du Seigneur c’est choisir en toute circonstance d’invoquer l’Esprit Saint, l’Esprit qui rend possible l’impossible, qui nous rend audacieux dans la charité, courageux dans la foi, persévérant dans l’espérance.
« Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger. » Dom Porion, ancien prieur des chartreux disait : « plus nous sommes compliqués, plus nous sommes éloignés de Dieu ». Le joug du Christ est facile à porter. La vie chrétienne n’est pas une série d’exercices à accomplir, des degrés à gravir. Le Seigneur ne nous demande pas des choses difficiles, trop lourdes à porter. Il nous dit simplement « venez à moi » et saisissez-vous de mon joug. Rien de plus simple mais qui nous invite à cette démarche humble de reconnaître que sans lui nous ne pouvons rien faire. « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » C’est-à-dire à ceux qui n’ont pas la prétention d’y arriver par eux-mêmes, de vouloir prouver qu’ils sont plus forts, plus capables, plus intelligents que les autres mais qu’au contraire qui savent reconnaître que c’est le Christ qui les rendra fort de sa propre force comme l’évoquera saint Paul. Frères et sœurs, profitons de cette période estivale pour goûter cette Présence qui repose et apaise.
Oui, son joug est léger et facile à porter, venez à Lui. Amen
P. Mickaël
Méditation
Père Michel COTTEREAU
Prêtre coopérateur
« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »
Le repos, voilà une bonne question ! Les vacances commencent pour certains pas pour d’autres, mais la question du repos est de mise pour tous. Des vacances, mas pourquoi faire ? On peut dire rien, mais aussi se dire que ça va être un temps lourd d’activités. Alors que dire, que faire ?
Ce jour, nous sommes venus prendre du temps pour Jésus, pour nous, pour vivre en famille en Église. Prendre du temps pour soi, pour les autres pour le Seigneur c’est une urgence nécessaire.
Se reposer.
Quelle que soit notre situation le repos reste de mise ! Nous le savons bien lorsque nous sommes fatigués, nous sommes assez irritables. Donc le repos est nécessaire et indispensable. Le premier repos qui rejoint notre relation au Seigneur, c’est bien la prière et la méditation. Comment trouver, le lieu, le temps et le support pour vivre ce temps. J’entends déjà certains me renvoyer à l’histoire de Marthe et de Marie, et de choisir son camp et sa manière d’être. Acceptons de nous remettre en cause et de reprogrammer nos temps de repos. Comme le dit un tropaire de l’Abbaye de Tamié : « tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »
Seigneur demeure en moi pour que je demeure en toi.
S’aimer.
Qu’est-ce à dire ? Se regarder le nombril ou cultiver et faire fructifier ses dons. Ecoutons le Psaume 8 : Quand je contemple tes cieux, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as créées, je m'écrie: Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme, pour que tu en prennes soin? Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, tu l'as couronné de gloire et d'honneur.
Voilà ce que chantait déjà le psalmiste. Se regarder pour découvrir en soi les talents cachés et que nous devons faire fructifier. C’est aussi prendre conscience que parfois nous pouvons être des personnes toxiques, des manipulateurs. Acceptons de faire taire en nous ces forces de mort et de replis sur soi. Il y a des personnes qui sont lumineuses et qui rayonnent. Vivons sous l’emprise de l’Esprit Saint pour devenir lumière dans la nuit.
Mieux se donner.
Ce que nous sommes nous est donné. Qu’a donc que tu n’aies reçu ? Nous avons à cultiver se « vivre ensemble » comme on dit. Vivre ensemble c’est accepter un code de bonne conduite, commencer à respecter le code de la route qui règle notre vivre ensemble sur la route des vacances. Il y a, en nous, parfois ce désir de bien faire, de bien-être. Nous avons à cultiver la bienveillance mutuelle en nous, en famille en Église et dans chaque instant de notre vie. Comme le dit une prière : « que notre charité se fasse inventive ». Oui, inventive, car comme le dit St Vincent de Paul : « l’amour est inventif à l’infini. » Demeurons dans l’Amour.
Vive les vacances !
Oui vive les vacances si nous savons prendre du temps pour soi, pour Le Seigneur et pour les autres. C’est un temps de rencontre, de dialogue qui peut, ou pas, nous faire grandir dans toutes les dimensions de notre personne (physique, psychologique et spirituelle.)Comme le voilier est poussé par le vent, laissons-nous guider par le souffle de l’Esprit Saint qui fait toute chose nouvelle.
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