![]()
Les textes de la messe
DIMANCHE 23 AOÛT 2026
21ème dimanche du temps ordinaire
Année A - Couleur liturgique : Vert
1ère Lecture : Livre d'Isaïe (22, 19-23)
"Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David"
Psaume 137
" Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l'oeuvre de tes mains."
2ème Lecture : Lettre de Paul aux Romains (11, 33-36)
"Tout est de lui, et par lui, et pour lui"
Évangile : Matthieu (16, 13-20)
" Je te donnerai les clefs du royaume des Cieux"
Homélie
Père Mickaël LE NEZET
Curé de l'Ensemble Pastoral
« Pour vous qui-suis-je ». Pour pouvoir répondre à cette question de Jésus, il faut déjà connaître Jésus. Et pour connaître vraiment Jésus, il faut, comme Pierre et les disciples passer du temps avec Lui. On ne connaît vraiment quelqu’un en effet qu’en prenant du temps avec la personne sinon on risque de se tromper sur sa véritable identité. On ne peut pas se contenter de ce qu’on nous a dit sur la personne, de ce qu’on a entendu, de ce qu’on a cru percevoir de la personne. Connaître suppose de prendre du temps, connaître suppose d’écouter l’autre avant de parler, connaître suppose de faire jouer ses motifs de confiance avant ses motifs de réserve. C’est déjà parce que Pierre et les disciples ont pris ce temps, ont observé, ont écouté Jésus, ont marché avec Lui, qu’ils ont pu vraiment percevoir qui il est vraiment, sa véritable identité. Nous savons bien que d’autres se contenteront de sa carte d’identité : fils de Marie et de Joseph le charpentier du village de Nazareth ou encore en resteront aux ragots sur son compte, un ivrogne et un glouton ou enfin un ami des gens de mauvaise réputation. Mes amis, encore une fois permettez-moi de vous inviter à prendre du temps avec Jésus, à vous donner ce temps nécessaire pour le découvrir en vérité, pour entrer dans cette relation personnelle avec Lui, pour vous laisser rejoindre par Lui. Cela se vit de bien des manières, dans une écoute de la parole de Dieu, dans un temps d’adoration du saint sacrement, dans le service des plus pauvres. Si nous n’essayons pas de nous investir dans cette relation avec le Christ Jésus alors cette relation restera purement formelle, institutionnelle, une relation réduite au « bonjour, bonsoir » comme nous disons parfois en parlant de nos relations de voisinage. On n’a rien contre les voisins, mais il ne faudrait pas trop qu’il nous dérange. Avouons que c’est un peu pareil avec Jésus. « Bonjour bonsoir », ma petite prière le matin et le soir mais il ne faudrait pas trop que ça m’engage à plus ou que ça me bouscule trop.
Pierre et les disciples se sont risqués à cette rencontre. Ce n’est pas qu’ils étaient plus intelligents ou plus disposés. Ils étaient comme nous, ni plus courageux, ni moins lâches parfois. Ils n’avaient pas reçu beaucoup de formation religieuse, ils n’avaient pas fréquenté les écoles rabbiniques. Encore une fois la connaissance du Christ dont il est question ici n’est pas intellectuelle, spéculative, institutionnelle. C’est ce que nous comprenons lorsque Jésus fait remarquer à Pierre que ce n’est ni la chair, ni le sang qui lui ont permis de comprendre vraiment qui est le Christ. Cela lui a été donné. Cette connaissance, Pierre l’a reçue parce qu’il était disposé à la recevoir, parce qu’il était ouvert au don de Dieu. Parce qu’il était resté simple, humble mais ouvert et disponible pour le Seigneur. Jésus l’exprimera à son Père : « ce que tu as caché aux sages et aux intelligents, tu l’as révélé aux tous petits. » Et c’est souvent ainsi dans l’histoire de l’Eglise. C’est toujours à des petits, des gens ordinaires, des gens d’une grande simplicité, souvent des pauvres que Dieu se révèle : La petite Bernadette Soubirous de Lourdes, Lucie, Jacinthe et François, les voyants de Fatima ou encore les deux enfants Eugène et Joseph les deux voyants de Pontmain et tant d’autre saints et saintes reconnus par l’Eglise sans compter tous les anonymes de nos communautés chrétiennes et qui, j’en ai été témoin ici m’ont édifié et bouleversé. La connaissance profonde et véritable de Dieu ne se passe pas dans la tête mais dans le cœur. L’essentiel n’est-il pas en effet invisible pour les yeux. On ne voit bien qu’avec le cœur. Mes amis, nous devons nous simplifier, dans nos relations, dans nos fonctionnements, dans nos modes de vie et même dans notre pratique religieuse. Il s’agit de revenir à des choses simples, vraies et profondes. Il s’agit de revenir à l’essentiel qui nous ouvre souvent à l’éternel car la sobriété et la simplicité sont un écho de la simplicité de Dieu. Et ainsi, devenir simple dans ce sens serait le véritable renouveau pour nous et pour toute l’Eglise.
C’est ainsi que nous pouvons accueillir les dernières paroles de Jésus dans cette page d’Evangile. « Pierre tu es pierre et sur cette pierre que je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle ». Combien de fois le pape Benoît ne nous a-t-il pas dit que le danger pour l’Eglise ne venait pas de l’extérieur mais bien de l’intérieur. L’avenir de l’Eglise ne peut se réduire à une réforme de ses structures, de ses organisations, de ses orientations. Le véritable réformateur est celui qui ne cherche pas à construire une Eglise à son image et à sa ressemblance, mais qui contemple toujours plus le Christ, qui vit une relation personnelle et intime avec le Christ, qui se nourrit du Christ. S’il y a une crise de l’Eglise ou dans l’Eglise c’est d’abord une crise de la foi. C’est sur la foi de Pierre, sa confiance inébranlable en Christ, son amour du Christ que se bâtit l’Eglise comme elle continuera de se bâtir sur notre foi, sur notre désir de suivre le Christ et d’en vivre, sur un renouvellement de nos vies, de nos choix de vie appelées à une plus grande sobriété et une plus grande simplicité. Voilà mes amis, ce à quoi vous devez vous atteler alors que des changements vont avoir lieu dans votre communauté chrétienne. Voilà ce qui doit motiver vos engagements pour un renouvellement de la vie paroissiale. Certes nous n’en sommes toujours qu’à des débuts. Mais nous pouvons déjà commencer. Amen
P. Mickaël
Méditation
Père Michel COTTEREAU
Prêtre coopérateur
« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église… »
Jésus fait confiance à Pierre. Ce n’est pas rien de faire confiance à quelqu’un. Arrêtons-nous si vous le voulez bien sur ce dialogue entre Jésus et Pierre. Si Jésus fait confiance à Pierre, parfois il ne le ménage pas (passe derrière moi Satan…), mais une certaine complicité s’est installée entre ces deux personnages. Jésus fait confiance à Pierre, une confiance à toute épreuve, qui demande à être vérifiée.
Jésus fait confiance à Pierre.
Une pierre, c’est quelque chose de solide. Dans le désert, Moïse fait jaillir l’eau du rocher. Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (Chapitre 10,4), dira que ce rocher c’était le Christ. A travers l’histoire, le Seigneur fait toujours confiance au successeur de Pierre. Et Jésus me fait confiance aussi. Suis-je digne de confiance ? La pierre sur laquelle on peut s’appuyer, prendre appui ! Jésus prend appui sur Pierre. Confier la clé de sa maison est une sacrée preuve de confiance. C’est partagé une amitié, une complicité. On ne confie pas sa clé au premier venu.
Le Seigneur nous donne la clé qui ouvre un avenir lorsque nous nous appuyons sur Lui.
Une confiance à toute épreuve.
Jésus sait que toute relation reste un défi permanent. Il faudra passer par certaines épreuves. Car on peut se blesser sur une pierre sur ces angles bruts. Il faudra le temps, et le courant d’un torrent, celui de la vie pour mon cœur de pierre s’assouplisse, se police. Il faudra trouver la bonne clé pour la bonne serrure. Jésus le dira à Pierre dans l’Evangile de Luc : « Simon, Simon, Satan vous a réclamé pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » On connait la suite, Pierre reniera trois fois. Mais Jésus reste dans la confiance.
Le Seigneur nous donne la clé qui nous lie à lui dans la confiance.
Une confiance qui demande toujours à être vérifiée.
Au terme de sa vie publique, Jésus posera la question de confiance : « m’aimes-tu ? » La voilà la bonne clé, celle qui ouvre un avenir. La confiance que fait Jésus à Pierre, l’entraine dans la confiance de Pierre à Jésus. Souvenez-vous au chapitre 5 de St Luc, c’est la pêche miraculeuse : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Aujourd’hui encore, le Seigneur me fait confiance et m’appelle à lui rendre cette confiance, c’est ça la foi, entrer dans la confiance, entrer dans la dynamique de l’amour reçu et partagé, entrer dans la confiance en soi.
Dans quelques jours, nous allons reprendre le chemin de la vie de tous les jours, les bonnes et les mauvaises habitudes…
Faisons de Saint Pierre le compagnon de notre quotidien pour que les clés que lui a remis le Seigneur nous lient avec Lui et entre nous dans la fraternité.
Et que cette clé délie en nous l’élan de notre générosité, les forces de l’amour vrai.
Merci de soutenir la mission de l'Église
Vous désirez offrir une ou plusieurs messes pour une intention particulière.
L'ensemble pastoral met à votre disposition le document ci-dessous.
N'hésitez pas à le télécharger et à l'utiliser.
Offrande de messe

