Les textes de la messe

DIMANCHE  7 JUIN 2026

SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST
Année A - Coul
eur liturgique : Blanc

 

1ère Lecture :  Livre du Deutéronome (8, 2-3.14b-16a)
"Dieu t'a donné cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue"


Psaume 147
" Glorifie le Seigneur, Jérusalem !"

2ème Lecture : 1ère lettre de Paul aux Corinthiens (10, 16-17)
"
Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps"

 

Évangile : Jean (6, 51-58)
" Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson"

Homélie

Père  Mickaël LE NEZET

Curé de l'ensemble pastoral

La première lecture décrit l’expérience du peuple des hébreux mais au fond décrit aussi notre propre expérience de vie. Cette traversée du désert pendant 40 ans représente un peu le chemin de vie de chacun. Un chemin fait de joie, de partage, d’enthousiasme mais aussi de fatigue, de lassitude, de découragement, d’échecs, de doutes. Telle est la vie de l’homme, comme une longue traversée semée parfois d’embuches, telles les morsures de serpents dont nous parle le texte. Et plus les années passent et plus nous expérimentons aussi nos pauvretés, nos limites et nos fragilités. Il y a quelque chose de très réaliste dans cette description de cette marche dans le désert du peuple des hébreux. On en oublierait même que cette marche pourtant, conduit le peuple jusqu’à la Terre Promise, c’est-à-dire jusqu’à la promesse d’un bonheur, d’une paix véritable.
C’est pour cela qu’ils ont entamé cette traversée ! Nous allons avec Dieu toujours vers le meilleur.

Dans cette traversée, le peuple n’a pas été abandonné à son triste sort. Moïse a marché avec lui. Il n’a pas arrêté de motiver ce peuple à la nuque raide. Il n’a pas hésité à interpeller le Seigneur lorsque la marche était trop difficile. Il n’a pas eu peur de demander au Seigneur de leur venir en aide en leur procurant l’eau, la nourriture et les forces nécessaires pour continuer le chemin. « C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne – cette nourriture inconnue de tes pères. » Et bien cette figure de Moïse annonçait déjà la venue de Jésus, le nouveau Moïse. C’est lui qui, comme Moïse pour le peuple des Hébreux, marche à nos côtés, tous les jours de notre vie. C’est lui qui, comme Moïse intercède pour nous auprès de Dieu son Père. « Il est en toi, il est avec toi et jamais ne t’abandonne. Tu as beau t’éloigner, le Ressuscité est là, t’appelant et t’attendant pour recommencer. Quand tu te sens vieilli par la tristesse, les rancœurs, les peurs, les doutes ou les échecs, il sera toujours là pour te redonner force et espérance. » (CV 2)

Ainsi comme Moïse a permis à l’eau du rocher de jaillir, Jésus aujourd’hui nous donne l’eau qui fait vivre par le sacrement du baptême. Le sacrement du baptême nous fait devenir enfant de Dieu et par là-même nous donne l’assurance que nous avons un Père, tendre, miséricordieux et plein d’amour vers qui nous pouvons nous tourner sans cesse. Le baptême nous fait plonger dans cet amour de Dieu pour nous, prenant conscience que nous ne sommes jamais seuls puisqu’il est avec nous et qu’il nous fait confiance et que nous comptons pour lui et qu’il nous aime. « Dieu t’aime. N’en doute jamais, quoiqu’il arrive dans ta vie. Tu es aimé infiniment, en toutes circonstances. » (CV 112) Cette eau nous fait revivre ! Cette eau du baptême renouvelle et nous restaure sans cesse. « Le Christ, qui nous a sauvés de nos péchés sur la croix, continue de nous sauver et de nous racheter aujourd’hui, avec le même pouvoir de son don total. Regarde le Christ, accroche-toi à lui, laisse-toi sauver, parce que « ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. » (CV 119)

Mais comme Moïse a permis de susciter la manne pour nourrir le peuple, aujourd’hui encore, Jésus nous donne aussi la nourriture pour avancer dans le sacrement de l’Eucharistie. « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Évidemment la vie même de Jésus, son enseignement, ses paroles, ses faits et gestes sont autant d’exemples pour apprendre à vivre nous-mêmes en enfant de Dieu. La vie de Jésus est inspirante pour nos propres vies. Mais Jésus va au-delà de ce témoignage de vie. Dans le sacrement de l’Eucharistie, il se donne lui-même en nourriture pour agir dans nos cœurs. « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. » « Et celui qui mange ma chair demeure en moi et moi en lui. » Ce sont des paroles fortes. Cela se réalise vraiment.
Dans le sacrement de l’Eucharistie Jésus Ressuscité se place entre nos mains. Il nous remplit de sa présence vivifiante, fortifiante, comme un remède qui nous refait intérieurement. 

Saint Paul nous dit enfin dans la deuxième lecture que puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps. En Jésus nous formons une grande famille, jeunes et vieux, tous ensemble comme le dit le psalmiste. Jésus nous a donné des frères et des sœurs, une communauté pour avancer ensemble, pour progresser ensemble, pour grandir ensemble. Cette communauté, c’est l’Église, le Corps du Christ.

Ainsi, nous voici bien équipés pour marcher dans la vie. « Si tu parviens à apprécier, avec le cœur, la beauté de cette nouvelle et que tu te laisses rencontrer par le Seigneur, si tu te laisses aimer et sauver par lui, si tu entres en amitié avec lui et commences à parler avec le Christ vivant des choses concrètes de ta vie, tu feras la grande expérience, l’expérience fondamentale qui soutiendra ta vie chrétienne. » (CV 129) Comment penser affronter tout ce qu’il faut affronter, être toujours sur le bon chemin qui nous procure la paix et la joie pour toujours, et même guérir des blessures et des épreuves que nous rencontrons inévitablement sans la présence de Jésus Christ à nos côtés qui nous tient, nous fortifie et nous guérit ?
En cette fête du Corps et du Sang du Seigneur, renouvelons notre désir d’accueillir sa Présence, son amour et sa vie pour que nous en vivions éternellement. Amen

P. Mickaël

 

Père Michel COTTEREAU

Prêtre coopérateur

« Je suis le pain vivant descendu du ciel... »
Le Pain, fruit de la terre et du travail de l’Homme. Le pain est l’aboutissement d’une longue transformation d’éléments. Notre vie aussi en Christ est le fruit d’une longue transformation, d’une longue et lente conversion. A l’origine du pain, il y a le cultivateur qui va faire pousser le blé. Il y a le meunier qui va moudre le blé pour donner la farine et il y a le boulanger qui va faire le pain.
Regardons ces trois hommes, ces trois étapes.

Le cultivateur :
« Le semeur est sorti pour semer » nous dit l’Évangile. Oui Dieu le Père en envoyant dans le monde son Fils vient semer en nous une Parole de vie. Il y a les ronces, les pierres, le bord du chemin et la bonne terre. Il y a en chacun de nous un coin de bonne terre pour que germe la semence de la Parole. Mais il faut que le grain de blé semé en terre meure pour donner du fruit.
Acceptons de mourir à nous-même et nous laisser transformer par la chaleur de l’Amour de Dieu.

Le meunier :
Qui ne se souvent pas de cette comptine d’enfant : « meunier tu dors… ». Il faut que le grain passe sous la meule et passe au tamis pour qu’apparaisse la farine blanche, douce. C’est toute la dimension du témoignage. « Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : elles m’aideront à atteindre Dieu. Je suis son froment : moulu sous la dent des fauves, je deviendrai le pain pur du Christ » disait Ignace d’Antioche aux Romains face à son martyre.
Toute vie dans le Christ est martyre, don total, grain qui passe sous la meule et sous le tamis de l’amour de Dieu.

Le boulanger :
Il arrive au bout de la chaine. Mais un bon boulanger fait du bon pain avec de la bonne farine, mais aussi avec du bon levain. Jésus nous le dit aussi de nous méfier du levain des pharisiens, de ceux qui disent et ne font pas. C’est tout un art de faire du bon pain. Dieu en Jésus Christ nous invite à faire de nos vies un pain non de régime, mais un pain qui nourrit et se partage. Et le pain de nos vies fruit de la terre et du travail de l’Homme devient corps du Christ et Temple de l’Esprit.

Au terme de ces quelques mots qui nous invitent à laisser transformer le grain de notre vie en Pain Eucharistique, je voudrais vous laisser une image forte de sens que nous pouvons parfois contempler à la sortie d’une boulangerie : «  le papa sort avec sa baguette sous le bras et son enfant tenue par la main. L’enfant réclame ce petit morceau de choix, ce bout de pain frais tout chaud. Et le papa rompt le pain et le donne ».
 Notre vie peut être une sortie de boulangerie qui devient partage quand le pain est rompu et que nous pouvons, comme les discip
les d’Emmaüs, reconnaitre Jésus ressuscité quand le pain de nos vies est partagé.

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